04/08/2006

Mourir

La mort de la sœur de Martine, comme celle de tous nos proches, nous laissent toujours très interrogatifs sur ce qui pourtant nous arrivera tous : mourir.

Car peu importe les progrès de la médecine et de la chirurgie, qui tentent parfois vainement de reculer l’échéance fatale, nous arriverons tous au terme de notre existence terrestre.

Loin de nier les avancées spectaculaires de notre médecine, je ne peux m’empêcher de penser parfois aussi à ses dérives.

Je ne voudrais pas être ministre de la santé ! Les investissements faits en médecine ne cessent de galoper.

Je me demande parfois, si passé un certain seuil, la santé d’un patient ne se mesure pas aussi à sa note d’hôpital.

Je lisais qu’aux Etats-Unis, on a calculé que 95% des dépenses médicales consacrées à des malades dont on sait la mort proche n’ont aucun effet. Non seulement on ne prolonge leur vie que de très peu de temps, mais souvent on intensifie leur souffrance et on les rend totalement dépendant de soins impersonnels.

Et je lisais, ce à quoi j’adhère :

« A l’échelle de l’individu, comme à celle de la collectivité, il faut toujours payer. Il faut payer pour rémunérer le capital, il faut payer aussi les pots cassés par la croissance.

En pratiquant l’escalade de la technique, la médecine cesse d’abord de guérir, puis elle cesse de prolonger la vie humaine. Elle se transforme en négation de la mort : l’individu sur- adapté à la machine fait son dernier tour de piste, spectaculaire. Il aura fait le meilleur temps. » (Ivan Illich)

Et oui, nous sommes dans un monde de drogués en tout genre. Mais toute drogue fait de plus en plus dépenser pour jouir de moins en moins…

Mik.

09:36 Écrit par mik dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Une réflexion... qui suscite en effet bien des questions.Mon approche va plutôt dans le sens du refus de la souffrance plutôt que du refus de la mort. Ce n'est pas plus simple, je sais !Pourtant en regardant autour de moi, tous les progrès réalisés en tout domaine ... j'ai sans cesse cette pensée qui me revient : "Aujourd'hui ... il m' est devenu presque inacceptable que quelqu'un souffre ! J'ai vécu, en toute conscience, la situation extrême ... où augmenter progressivement les "doses" pour calmer la douleur de quelqu'un de proche ... entraînait fatalement l'écourtement de sa vie !Aurait-il été plus juste ... de vouloir à tout prix retarder son départ en décidant donc que ce serait au prix d'une souffrance atroce !Peut-être que tout cela se résout au cas par cas ... et faire une législation uniforme pour tous serait, à mon sens , nier l'unicité de chacun!La législation ne devrait être qu'une sorte de "balise de référence"Mais bien en amont ... je suis effaré de constater les sommes d'argent qui doivent se payer ... A L'ENTREE ... des hôpitaux et qui, je le sais, font en sorte que certains n'y ont plus accès ... et pire ... en arrivent à se dire définitivement qu' "aller à l'hôpital" est au-dessus de leurs moyens ! Il suffit de voir le nombre de personne qui frappe plutôt à la porte des "urgences" ... alors qu'il EST TROP TARD !Merci à toi pour toutes ces réflections suscitées !

Écrit par : just-de-passage | 04/08/2006

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