10/06/2006

Papy gay

Me voici à nouveau grand-père. (Un petit garçon).

Joie profonde inscrite pourtant dans une interrogation de notre époque : comment réagiront un jour ma petite-fille, mon petit fils, quand ils apprendront faire partie d’une descendance qui a dans un sa ligné un gay ?

Comment faudra t’il (et quand) leur apprendre la «  différence » du papy le libertin ?

Je n’ai pas de réponse claire.( Cela ne dépend d'ailleurs pas de moi seul)

Malgré l’évolution, la révolution mais sans tapage, de la famille en un demi-siècle à peine, l’homosexualité reste encore malgré tout un tabou, plus encore pour ceux qui l’ont vécue dans une forme de clandestinité, se mariant en vivant tant bien que mal une bisexualité faite d’amours partagés entre une femme, des enfants et des amants.

Le film Brokebak Moundain (certainement impossible à réaliser il y a quelques années) ose révéler avec succès les tentatives de ruptures, les retrouvailles passionnelles, le manque insupportable de l’autre, la souffrance d’hommes s’aimant et celles d’épouses trouvant tant bien que mal équilibre fragile dans ce qu’elles devinent exister chez leurs époux.

Oui, bien du monde sort ses mouchoirs à la vue de ce film, tout en ignorant sans doute, que ce genre de situation existe bien plus qu’en apparence. Pas sur écran, mais dans la vie quotidienne d’hommes et de femmes que nous croisons ou côtoyons fréquemment.

C’est que j’en connais des hommes dans ma situation. La plupart n’ont  pas fait mon choix, continuant à vivre la dualité d’une vie partagée entre amours féminins et masculins.

Je ne suis pas l’exception d’être un papy gay et de plus libertin…

Notre société connaît le déclin du mariage, la croissance de l’union libre, le développement de plus en plus grand des familles recomposées, la fragilisation des couples, la vie sexuelle plus libre et parfois libertine, les naissances hors mariages.

Elle semble enfin analyser cette situation nouvelle en se détachant de la morale fondamentaliste des nostalgiques religieux s’accrochant à des théories de la nature humaine dite immuable mais qui n’a cessé d’évoluer.

L’institution matrimoniale reste pourtant une représentation idéale. Il suffit de voir la pub, les livres pour enfants, favorisant les traumatismes et la culpabilisation de ceux qui sortent d’un modèle que je nommerais « bourgeois ».

Heureusement le divorce n’est plus stigmatisé, mais il demeure chez  bon nombre de personnes de mon âge vu comme un échec et surtout une espèce d’irresponsabilité devant des enfants qui auraient été soi-disant plus épanouis entre papa et maman.

Nous acceptons pourtant, par la force de la réalité, des unions moins stables, mais certainement plus vraies. Osons dire aussi combien l’indissolubilité matrimoniale était parfois destructrice de l’épanouissement personnel.

Si nous acceptons, aujourd’hui, de revoir nos préjugés et jugements sur ce qu’est la famille en 2006, nous ne pouvons encore dire qu’il en est de même pour la vie commune ou non des homosexuels.

Personnellement, je regrette d’ailleurs que les progrès dans cette acceptation soient encore trop calqués sur une forme de conjugalité calquée sur l’union hétérosexuelle.

Les politiques, ayant de moins en moins de pouvoir sur la vie économique via une mondialisation croissante, semblent se rabattre de plus en plus sur des espèces de dictats moraux et éthiques qui balisent beaucoup trop la conscience personnelle.

Je dis non aux « modèles » traditionnels ou non.

Je ne sais ce que penseront de moi un jour mes petits enfants.

Mon seul soucis d’ailleurs est de bien les choyer, de leur offrir l’affection et de tenter de leur offrir au fur et à mesure de leur croissance l’esprit de tolérance, de pardon et d’ouverture à des valeurs qui ne sont jamais définitives, sinon celles du respect de l’autre qui dans sa vie gère au mieux ses incohérences.

Mik.

08:42 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Commentaires

Félicitations ! La famille s'agrandit, c'est super. Une petite fille et un petit garçon, c'est tout ce qu'il faut. Qu'importe être gay ou autre, ils t'aimeront pour ce que tu leur apporte en amour, en affection, en temps, dans toutes ces choses que tu vas leur raconter, leur montrer, leur apprendre.
Bon week end au soleil, j'espère que tu vas mieux :) bisous

Écrit par : manureva | 10/06/2006

Félicitations !!! qu'importe gay ou pas, c'est l'amour qui compte
si les démonstrations ostentatoires entre les partenaires ne sont pas à recommander, le cacher ne sert à rien, non plus
tes petits-enfants auront grandi dans un monde où les couples homos, mixtes ou autres sont légions
perso, si tu les aimes, c'est le principal
amicalement

Écrit par : pommefraise | 10/06/2006

FELICITATIONS Il est vrais que être grand père est une joie et un privilège pour un gay et je sais de quoi je parle puisque je suis gay et grand père;
Mais ma joie est ternie par la non acceptation de mon état de Gay par mon petit fils (29 ans)puisse un jour prochain qu"il accepte enfin mon état et mon amour pour lui.

Écrit par : guitou | 10/06/2006

naturellement les choses se feront ainsi, comme ça ou comme ci. il faut faire confiance aux enfants, ils comprennent bien avant nous. je sais, j'ai été enfant! ;-)

Écrit par : la p'tite mimi | 15/06/2006

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