11/05/2006

Nouvelle expression

Connaissez-vous l’art du "slamming" ? Slamer c’est "claquer" les mots dans une fusion de poésie, de conte et de rap acoustique. Il se pratique à plusieurs, en présence d’un public participant.

Slamer, c’est aussi dire le monde et la société sans complexes, dans un souci de partage. Cette pratique poursuit un objectif ambitieux : revenir à l’essence de l’oralité et aux sources de la poésie.

 

Un bel exemple :

 

J’avoue que c’est bon de se barrer à la mer ou à la campagne

Quand tu ressens ce besoin, quand ton envie de verdure t’accompagne

Nouvelles couleurs, nouvelles odeurs, ça rend les sens euphoriques

Respirer un air meilleur ça change de mon bout de périphérique

Est-ce que t’as déjà bien écouté le bruit du vent dans la forêt

Est-ce que t’as déjà marché pieds nus dans l’herbe haute, je voudrais

Surtout pas représenter l’écolo relou à 4 centimes

Mais la nature nourrit l’homme et rien que pour ça faut qu’on l’estime

Donc la nature je la respecte, c’est peut-être pour ça que j’écris en vers

Mais c’est tout sauf mon ambiance, j’appartiens à un autre univers

Si la campagne est côté face, je suis un produit du côté pile

Là où les apparts s’empilent, je suis enfant de la ville

Je sens le cœur de la ville qui cogne dans ma poitrine

J’entends les sirènes qui résonnent mais est-ce vraiment un crime

D’aimer le murmure de la rue et l’odeur de l’essence

J’ai besoin de cette atmosphère pour développer mes sens

 

Je suis un enfant de la ville, je suis un enfant du bruit

J’aime la foule quand ça grouille, j’aime les rires et les cris

J’écris mon envie de croiser du mouvement et des visages

Je veux que ça claque et que ça sonne, je ne veux pas que des vies sages

 

Je trempe ma plume dans l’asphalte, il est peut-être pas trop tard

Pour voir un brin de poésie même sur nos bouts de trottoirs

Le bitume est un shaker où tous les passants se mélangent

Je ressens ça à chaque heure et jusqu’au bout de mes phalanges

Je dis pas que le béton c’est beau, je dis que le béton c’est brut

Ca sent le vrai, l’authentique, peut-être que c’est ça le truc

Quand on le regarde dans les yeux, on voit bien que s’y reflètent nos vies

Et on comprend que slam et hip-hop ne pouvaient naître qu’ici

Difficile de traduire ce caractère d’urgence

Qui se dégage et qu’on vit comme une accoutumance

Besoin de cette agitation qui nous est bien familière

Je t’offre une invitation pour cette grande fourmilière

J’suis allé à New York, je me suis senti dans mon bain

Ce carrefour des cultures est un dictionnaire urbain

J’ai l’amour de ce désordre et je ris quand les gens se ruent

Comme à l’angle de Broadway et de la 42ème rue

 

Je suis un enfant de la ville, je suis un enfant du bruit

J’aime la foule quand ça grouille, j’aime les rires et les cris

J’écris mon envie de croiser du mouvement et des visages

Je veux que ça claque et que ça sonne, je ne veux pas que des vies sages

 

Je me sens chez moi à Saint-Denis, quand y’a plein de monde sur les quais

Je me sens chez moi à Belleville ou dans le métro New-yorkais

Pourtant j’ai bien conscience qu’il faut être sacrément taré

Pour aimer dormir coincé dans 35 mètres carrés

Mais j’ai des explications, y’a tout mon passé dans ce bordel

Et face à cette folie, j’embarque mon futur à bord d’elle

A bord de cette pagaille qui m’égaye depuis toujours

C’est beau une ville la nuit, c’est chaud une ville le jour

Moi dans toute cette cohue je promène ma nonchalance

Je me ballade au ralenti et je souris à la chance

D’être ce que je suis, d’être serein, d’éviter les coups de surin

D’être sur un ou deux bons coups pour que demain sente pas le purin

Je suis un enfant de la ville donc un fruit de mon époque

Je vois des styles qui défilent, enfants du melting-pot

Je suis un enfant tranquille avec les poches pleines d’espoir

Je suis un enfant de la ville, ce n’est que le début de l’histoire

 

MERCI A BOGRECOS DE M’AVOIR FAIT DECOUVRIR CETTE MANIERE NEUVE D’ ABORDER LA POESIE.

http://bogrecos.skynetblogs.be/

 

12:05 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Je vais essayer de slamer avec Maurice. Pépé vient de décéder. On l'a enterré avec son dentier. Maurice déprime. Maurice,c'est le poisson rouge du gamin. Il est maintenant seul, la nuit, dans son bocal. Je cherche pour Maurice un dentier, haut et bas, de maximum 28 centimètres car c'est la dimension de l'ouverture du bocal de Maurice.

Écrit par : biglodion | 11/05/2006

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